Je suis partie à Bali pendant une semaine : ça ne s’est pas passé comme prévu

Quand j’ai décidé de partir explorer Bali, j’étais convaincue que mon expérience de voyageuse solo me suffiraient largement. Après tout, j’avais déjà sillonné pas mal de routes à travers le monde, toujours en suivant mon instinct plutôt que des itinéraires figés. Mais cette île des dieux m’a réservé quelques surprises qui m’ont fait réaliser que voyager sans guide à Bali, c’est pas ce que je m’attendais. Entre découvertes inattendues, galères mémorables et rencontres authentiques, voici le récit honnête de ma semaine balinaise en roue libre.

Les premières surprises dès l’arrivée

La réalité du terrain face aux attentes

Dès ma sortie de l’aéroport de Denpasar, j’ai compris que mon voyage ne ressemblerait pas à ce que j’avais imaginé. Les ressortissants français peuvent séjourner à Bali sans visa pour une durée maximale de 30 jours, à condition de présenter un billet d’avion aller-retour. Jusque-là, tout allait bien. Mais c’est quand j’ai voulu rejoindre mon premier hébergement que les choses se sont corsées.
Not Quite Rush Hour Bali

Le trafic balinais, c’est quelque chose ! Les embouteillages peuvent être intenses, surtout dans les zones touristiques, et il faut prévoir suffisamment de temps pour ses déplacements. Mon trajet prévu d’une heure vers Ubud s’est transformé en odyssée de trois heures. Sans guide pour m’expliquer les subtilités de la circulation locale ou me proposer des itinéraires alternatifs, je me suis retrouvée coincée dans des bouchons interminables, contemplant par la vitre du taxi les scooters qui se faufilaient entre les voitures avec une agilité déconcertante.
A group of friends socialize by the sea in Bali, Indonesia, near several motor scooters.

L’importance de la préparation logistique

Cette première journée m’a fait réaliser l’importance de certains détails pratiques que j’avais négligés. Ne pas avoir de guide signifie qu’il faut anticiper bien plus de choses : les moyens de transport, les horaires d’ouverture des sites, les codes culturels. À Bali, voyager seule ou entre femmes n’est pas dangereux, et les hommes sont généralement respectueux et polis. Mais cela ne dispense pas de se renseigner sur les coutumes locales.

J’ai ainsi découvert à mes dépens qu’il fallait se vêtir modestement pour visiter les temples, surtout en tant que femme. Ignorer les coutumes locales peut rapidement devenir problématique dans cette île profondément religieuse. Heureusement, les Balinais sont d’une patience infinie avec les touristes maladroits, et mes premières bévues ont été accueillies avec le sourire.

Les défis inattendus du voyage à Bali

Se déplacer sans assistance

Le choix du mode de transport s’est révélé être un vrai casse-tête. Louer un scooter pour explorer l’île en toute liberté, c’est tentant, mais il faut avoir son permis international et porter un casque. Les contrôles de police sont fréquents, et les routes parfois en mauvais état. Sans guide pour me conseiller sur les meilleurs itinéraires ou les zones à éviter, j’ai dû apprendre sur le tas.

Les taxis officiels « Blue Bird » sont recommandés pour leur fiabilité, mais ils ne connaissent pas forcément tous les petits coins cachés que j’avais envie de découvrir. C’est comme ça que je me suis retrouvée à négocier avec des chauffeurs locaux dans un mélange d’anglais approximatif et de gestes désespérés. Parfois ça marche, parfois on se retrouve dans des endroits qu’on n’avait pas prévus – ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose !

Bali taxi blue bird

La barrière de la langue et des codes culturels

Bali m’a confrontée à mes limites linguistiques. Certes, beaucoup de Balinais parlent anglais, surtout dans les zones touristiques, mais dès qu’on sort des sentiers battus, ça se complique. J’ai passé un après-midi entier à essayer de comprendre comment participer à une cérémonie traditionnelle que j’avais eu la chance de croiser sur ma route.

Les offrandes appelées « canang sari » font partie intégrante de la vie quotidienne, et sans personne pour m’expliquer leur signification, je suis restée spectatrice d’un moment qui aurait pu être bien plus riche avec quelques explications. C’est là que j’ai vraiment mesuré la valeur ajoutée d’un guide local pour décoder la culture balinaise.

Bali, paradis sale et surpeuplé : quand le tourisme déraille

Je me souviens de mes premiers pas sur le sable de Bali, les yeux pleins d’espoir et l’appareil photo prêt à capturer la carte postale. Mais la réalité m’a vite rattrapée : plages jonchées de plastiques, rivières transformées en décharges, et montagnes de déchets qui s’accumulent derrière les hôtels chics. Ce n’est plus le paradis que j’imaginais, mais le revers d’une médaille trop polie par des millions de touristes. Ici, la nature ploie sous le poids de notre passage, et l’île étouffe, littéralement, sous nos déchets.
Garbage on the Kuta beach, Bali

Et puis il y a la foule. Partout. On se retrouve à marcher en file indienne, à attendre son tour pour prendre la même photo que tout le monde, à suivre le troupeau sans vraiment choisir sa route.
bali-mouton

À Bali, j’ai eu cette étrange impression de n’être qu’un mouton de plus, perdu dans la masse, loin de l’authenticité promise. Le tourisme de masse a transformé ce joyau en décor fatigué, où l’on consomme plus qu’on ne découvre. Triste constat : à force de vouloir le paradis, on finit par le salir.
Bali surpeuplé

Les découvertes authentiques hors des sentiers battus

Les rencontres improvisées

Paradoxalement, c’est aussi grâce à cette liberté totale que j’ai vécu mes plus belles expériences. Sans programme imposé, j’ai pu suivre mes envies du moment et me laisser porter par les rencontres. Dans un petit warung (restaurant local) près de Sidemen, j’ai passé une soirée mémorable avec une famille balinaise qui m’a appris à préparer le nasi goreng. Aucun guide touristique ne m’aurait menée dans cet endroit perdu au milieu des rizières.

J’ai découvert que pour vivre un Bali authentique, il faut oser tenter des aventures et braver ses appréhensions pour s’extirper des circuits trop classiques. J’ai dû faire confiance à mon instinct et accepter l’imprévu. C’est comme ça que je me suis retrouvée à participer à un atelier de batik improvisé ou à suivre des sentiers de randonnée non balisés vers des cascades secrètes.

Les trésors cachés accessibles aux aventuriers

L’île regorge de trésors cachés qui méritent d’être explorés, comme les magnifiques cascades de Banyumala et de Nungnung, sites moins fréquentés qui offrent une évasion parfaite. Sans guide pour me mener directement aux « incontournables », j’ai eu plus de temps pour explorer ces lieux méconnus où l’on peut se baigner dans des bassins naturels entourés d’une végétation luxuriante.

Mes journées étaient rythmées par la découverte. Un matin, j’ai suivi un chemin qui menait apparemment nulle part et je suis tombée sur un temple isolé où un prêtre m’a expliqué avec patience les rituels hindous-balinais. Le lendemain, c’est en me perdant que j’ai découvert un marché local où j’ai goûté des fruits dont j’ignorais l’existence. Ces moments de grâce, aucun programme organisé ne peut les garantir.

Conclusion

Mon expérience de Bali m’a appris que voyager en autonomie sur cette île, c’est accepter de sortir de sa zone de confort. Oui, j’ai galéré parfois, oui j’ai fait des erreurs, mais j’ai aussi vécu des moments d’une authenticité rare dans un univers qui me parait tellement faux. Cette semaine m’a rappelé pourquoi j’ai troqué la routine contre une vie de routes et de rencontres.

Si vous envisagez de partir explorer Bali en solo, n’ayez pas peur de l’imprévu. Préparez-vous un minimum – vérifiez vos vaccins, souscrivez une assurance voyage, et renseignez-vous sur les coutumes locales – mais gardez une place pour la spontanéité. Parfois, les plus beaux voyages sont ceux qui ne se passent pas comme prévu. Et si l’aventure vous fait vraiment peur, il existe d’excellents guides locaux qui sauront vous faire découvrir leur île tout en respectant votre envie d’authenticité. L’essentiel, c’est de partir l’esprit ouvert et le cœur prêt à accueillir ce que Bali aura à vous offrir.