J’ai testé le carnaval de Rio en mode backpacker : mon budget et mes galères

Salut les aventuriers ! Alors voilà, cette année j’ai enfin sauté le pas. Le carnaval de Rio, celui qu’on voit dans toutes les vidéos YouTube avec les chars géants et les danseuses couvertes de plumes. Sauf que moi, j’y suis allé en mode backpacker, avec un budget serré et zéro plan VIP. Je vous raconte tout : les bons coups, les galères, et surtout combien ça m’a coûté.

Pourquoi le carnaval de Rio m’obsédait depuis des années

Le carnaval de Rio de Janeiro existe depuis 1723. Oui, trois siècles de fête. Chaque année, c’est environ deux millions de personnes par jour dans les rues. Deux millions. Quand j’ai lu ce chiffre pour la première fois, je me suis dit que c’était soit le truc le plus fou du monde, soit un cauchemar logistique total. Spoiler : c’est les deux.

En 2026, le carnaval tombait du 13 au 18 février. Cinq jours de folie entre le vendredi précédant le mercredi des Cendres et le mercredi lui-même. J’avais posé mes congés, acheté mon billet d’avion trois mois avant, et j’étais prêt. Enfin, je croyais.

Défilé coloré au carnaval de Rio de Janeiro

Mon budget total pour 10 jours à Rio

Allez, on parle chiffres. C’est pour ça que vous êtes là, non ?

Le vol aller-retour

Paris-Rio avec une escale à Lisbonne, environ 680 euros. J’ai réservé en novembre, et c’était déjà cher comparé aux prix hors saison (on trouve des vols à 450 euros le reste de l’année). Mon conseil : réservez au minimum quatre mois à l’avance. Pendant le carnaval, les prix grimpent de 40 à 60%.

L’hébergement : la grosse galère

C’est là que ça pique. Pendant le carnaval, les prix des hôtels à Rio explosent. Un lit en dortoir dans une auberge de jeunesse, qui coûte normalement 12-15 euros la nuit, passe facilement à 35-50 euros. Moi j’ai trouvé un dortoir de 8 lits dans le quartier de Santa Teresa pour 38 euros la nuit. Dix nuits, ça fait 380 euros rien que pour dormir dans un lit superposé avec sept inconnus qui ronflent.

L’astuce que j’aurais dû connaître avant : certains locaux louent des chambres ou des matelas gonflables sur des plateformes comme Couchsurfing ou des groupes Facebook. Des voyageurs que j’ai croisés payaient 15-20 euros la nuit chez l’habitant.

Parade de rue colorée avec danseurs en costumes au Brésil

La nourriture

Bonne nouvelle : manger pas cher à Rio, c’est faisable. Les "por quilo" (restaurants au poids) proposent des repas complets pour 3 à 6 euros. Rice, beans, viande, salade, le tout pesé au gramme. J’en ai fait mon QG quotidien. Pour les soirs où j’avais la flemme, les barraquinhas (stands de rue) vendent des pastels, des coxinhas et des açaï bowls pour 1 à 3 euros pièce.

Budget bouffe total sur 10 jours : environ 150 euros. En mangeant bien, franchement.

Les transports

Le métro de Rio coûte 6,90 reais le trajet (environ 1,20 euro). J’ai aussi beaucoup utilisé les bus, moins chers (4,30 reais, soit 0,75 euro). Pour aller au Sambódromo depuis Santa Teresa, comptez 30-40 minutes en transport en commun. Uber fonctionne aussi très bien et les courses en ville dépassent rarement 5-7 euros.

Budget transport sur 10 jours : 60 euros.

Le récap

Au total, mon séjour de 10 jours m’a coûté environ 1 500 euros tout compris. Voici le détail :

  • Vol : 680 euros
  • Hébergement : 380 euros
  • Nourriture : 150 euros
  • Transport : 60 euros
  • Sorties et billets : 180 euros
  • Divers (souvenirs, pharmacie, SIM card) : 50 euros

On est loin du budget "backpacker ultra-économe à 20 euros par jour", mais Rio pendant le carnaval, c’est pas le Laos.

Danseuses de samba en costumes colorés au carnaval de Rio

Les blocos : la vraie fête gratuite

Si vous pensez que le carnaval de Rio se résume au défilé dans le Sambódromo, vous passez à côté de 90% du truc. Les blocos de rua (blocs de rue), ce sont des défilés sauvages et gratuits qui envahissent tous les quartiers de la ville. Il y en a des centaines, du petit cortège de 200 personnes au méga-bloco qui rassemble plus de deux millions de participants.

Le Bloco da Favorita dans le quartier de Laranjeiras, Cordão do Bola Preta dans le centre-ville, Sargento Pimenta (un bloco sur les Beatles, oui oui) à Flamengo… Chaque bloco a sa personnalité, sa musique, son ambiance.

Mon moment préféré ? Le dimanche matin à Ipanema, 9h du matin, déjà 30 degrés. Un bloco débarque au coin de la rue avec des percussions qui vous secouent la cage thoracique. Des gens en costumes délirants dansent pieds nus sur l’asphalte. Un vieux monsieur en costume de super-héros me tend une bière. C’est ça le carnaval de Rio.

Le Sambódromo : ça vaut le coup ou pas ?

Bon, parlons du Sambódromo Marquês de Sapucaí. C’est l’avenue de 700 mètres conçue par Oscar Niemeyer où les écoles de samba défilent pendant les nuits du carnaval. Il y a plus de 200 écoles de samba à Rio, réparties en cinq divisions. Les plus prestigieuses du Groupe Spécial passent le dimanche et le lundi soir.

Foule en fête au carnaval de Rio de Janeiro

Les billets pour les gradins (arquibancadas) commencent à environ 60-80 euros. Pour les camarotes (loges), comptez 250 euros et plus. Moi j’ai pris une place en arquibancada secteur 9 pour 75 euros le dimanche soir. Est-ce que ça valait le coup ? Franchement, oui. Les chars sont hallucinants, les costumes pèsent parfois 30 kilos, les batteries de 300 musiciens font trembler le sol. C’est un spectacle qu’on ne voit nulle part ailleurs.

Par contre, préparez-vous à une soirée longue. Le défilé commence vers 21h et se termine à 5h du matin. Amenez de l’eau, un coussin pour les fesses (les gradins en béton, c’est rude), et de la patience, parce qu’entre chaque école il y a 15-20 minutes d’attente.

Mes galères de backpacker à Rio

La chaleur assassine

Février à Rio, c’est l’été. 35-38 degrés avec une humidité de 80%. Après deux heures dans un bloco, vous êtes trempé de sueur, de bière, et d’eau que des inconnus vous jettent dessus (c’est normal, ne vous énervez pas). J’ai bu en moyenne 4 litres d’eau par jour et j’avais quand même des maux de tête le soir.

Les vols et la sécurité

Pas de panique, mais faut être réaliste. Pendant le carnaval, les pickpockets sont actifs. Je me suis fait voler mes lunettes de soleil le deuxième jour. Un gars du dortoir s’est fait piquer son téléphone dans un bloco. La règle d’or : sortez avec le strict minimum. Un vieux téléphone, un peu de cash, et c’est tout. Laissez passeport, cartes et objets de valeur au coffre de l’auberge.

Dormir ? Quel concept.

Les blocos commencent le matin, le Sambódromo la nuit. La musique dans les rues ne s’arrête pas avant 4-5h du mat. Mon dortoir donnait sur une rue où un sound system tournait jusqu’à l’aube. J’ai dormi peut-être 4 heures par nuit en moyenne. Le cinquième jour, j’étais un zombie. Prévoyez des boules Quies de qualité.

Masques colorés traditionnels du carnaval brésilien

Mes conseils pour un carnaval de Rio en mode backpacker

Après avoir survécu à cette expérience (et adoré chaque minute, même les galères), voici ce que je recommande :

Réservez tôt. Hébergement et vols, minimum trois-quatre mois avant. Plus vous attendez, plus les prix sont absurdes.

Apprenez quelques mots de portugais. "Cerveja" (bière), "quanto custa" (combien ça coûte), "onde fica" (où se trouve). Les Cariocas adorent quand vous faites l’effort, même si c’est approximatif.

Choisissez vos blocos. Il y en a des centaines, vous ne pouvez pas tout faire. Consultez le calendrier des blocos (publié chaque année par la mairie de Rio) et ciblez ceux qui vous attirent.

Portez des vêtements légers et colorés. Le blanc c’est classique. Les costumes aussi, mais pas obligatoire. Par contre, évitez les chaussures ouvertes dans les blocos, vos pieds vous remercieront.

Hydratez-vous comme jamais. L’alcool plus la chaleur plus la danse, c’est le combo déshydratation garanti. Alternez une bière, un litre d’eau. Votre corps vous dira merci.

Profitez aussi de Rio hors carnaval. J’ai gardé deux jours après la fin des festivités pour visiter le Christ Rédempteur, le Pain de Sucre et la plage de Copacabana sans la foule. Ca valait le détour.

Le verdict : est-ce que ça vaut le coup en mode backpacker ?

Mille fois oui. Le carnaval de Rio en backpacker, c’est pas le même trip que le touriste en camarote VIP qui boit du champagne. C’est cru, c’est fatiguant, c’est transpirant, c’est bordélique. Mais c’est aussi la fête la plus intense, la plus généreuse et la plus folle que j’ai vécue. Les Cariocas partagent tout : leur musique, leur énergie, leurs bières, leurs sourires.

Pour 1 500 euros, j’ai vécu dix jours qui comptent probablement parmi les meilleurs de ma vie. Si vous hésitez encore, arrêtez de réfléchir et réservez votre billet. Le carnaval 2027, c’est du 5 au 10 février. A bon entendeur.