Road trip au Portugal : l’itinéraire parfait de Lisbonne à l’Algarve en 7 jours

Salut les aventuriers ! Je reviens tout juste d’un road trip qui m’a laissé des étoiles plein les yeux. Sept jours à sillonner le Portugal, de Lisbonne jusqu’aux plages de l’Algarve, et honnêtement, je ne m’attendais pas à en prendre autant dans la figure. Les couleurs, la bouffe, les routes qui serpentent entre les falaises… Ce pays a quelque chose de magnétique.

J’ai monté cet itinéraire pour que chaque journée ait son propre caractère, sans se presser. Pas de course contre la montre, pas de check-list interminable. Juste la route, le soleil, et cette sensation de liberté qu’on ne trouve que le volant entre les mains.

Jour 1 et 2 : Lisbonne, la ville qui grimpe

Impossible de commencer un road trip au Portugal sans passer par Lisbonne. J’y ai consacré deux jours, et c’était le minimum. La ville se mérite : elle monte, elle descend, elle te fait transpirer dans ses ruelles pavées. Mais à chaque coin de rue, une terrasse, un mirador, une vue qui te coupe les jambes.

Le quartier de l’Alfama, c’est le Lisbonne brut. Des façades couvertes d’azulejos bleus et blancs, du linge qui sèche entre les fenêtres, et le fado qui s’échappe des bars le soir. J’ai mangé des pastéis de nata chez Manteigaria, dans le quartier du Chiado. La pâte croustillante, la crème tiède, une pincée de cannelle. A 1,30 euro la pièce, j’en ai mangé quatre sans aucun regret.

Vue panoramique de Lisbonne au crépuscule avec ses toits colorés et le Tage en arrière-plan

Le Miradouro da Graça offre probablement la meilleure vue sur la ville. On voit le château São Jorge, le Tage, le pont du 25 Avril. Le soir, avec les lumières de la ville, c’est encore mieux. J’y suis retourné deux fois.

Pour la location de voiture, j’ai récupéré mon véhicule directement à l’aéroport Humberto Delgado. Comptez entre 25 et 40 euros par jour pour une citadine, selon la saison. Un conseil : prenez une voiture compacte. Les rues de Lisbonne sont étroites, et certaines montées sont raides. Une boîte automatique, c’est un vrai confort ici.

Jour 3 : Sintra, le conte de fées à 30 minutes de Lisbonne

Trente minutes de route depuis Lisbonne, et on bascule dans un autre monde. Sintra ressemble à un décor de film fantastique. Des palais colorés perchés sur des collines couvertes de forêt, de la brume qui flotte entre les arbres… J’avais l’impression d’avoir changé de continent.

Le Palais national de Sintra entouré de verdure luxuriante au Portugal

Le Palais de Pena, c’est la star. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce palais du XIXe siècle mélange les styles sans complexe : gothique, mauresque, Renaissance, tout y passe. Les murs jaunes et rouges donnent un côté presque irréel. L’entrée coûte 14 euros (parc + palais), et je recommande d’arriver à l’ouverture, à 9h30. Après 11h, la file d’attente devient longue.

En redescendant, j’ai fait un détour par la Quinta da Regaleira. Moins connue, mais tout aussi dingue. Le puits initiatique, une tour inversée qui s’enfonce sur 27 mètres de profondeur, reliée par des tunnels souterrains… Les Templiers auraient apprécié l’ambiance. L’entrée est à 10 euros.

Le soir, j’ai roulé jusqu’au Cabo da Roca. Le point le plus à l’ouest de l’Europe continentale. Des falaises de 140 mètres qui tombent dans l’Atlantique. Le vent souffle fort, le soleil se couche dans l’océan. Un de ces moments où on ne dit rien, on regarde, et c’est suffisant.

Jour 4 : La route vers le sud, avec escale à Évora

Le jour 4, on quitte la région de Lisbonne et on met le cap vers le sud. Environ 1h30 de route sur l’autoroute A2, direction Évora, au coeur de la région de l’Alentejo. C’est le Portugal profond, celui des plaines dorées, des oliviers centenaires et des villages blancs.

Les colonnes du temple romain de Diane à Évora, site classé UNESCO au Portugal

Évora est une ville classée UNESCO et on comprend vite pourquoi. Le Temple de Diane, un temple romain du Ier siècle, se dresse encore en plein centre-ville avec ses colonnes de granit et de marbre. Juste à côté, la Cathédrale d’Évora (Sé) date du XIIe siècle. Son toit-terrasse offre une vue à 360 degrés sur la ville et les plaines de l’Alentejo.

Mais le clou du spectacle, c’est la Capela dos Ossos, la Chapelle des Os. Les murs et les piliers sont entièrement recouverts d’ossements humains. Environ 5 000 squelettes de moines. L’inscription à l’entrée donne le ton : « Nous, os qui ici sommes, attendons les vôtres. » Ambiance. L’entrée coûte 6 euros.

Pour le déjeuner, j’ai testé un restaurant dans le centre historique. L’Alentejo est la région du porc noir ibérique et des migas (une sorte de pain émietté revenu avec de l’ail et des herbes). Un repas complet avec un verre de vin de la région tourne autour de 15 à 20 euros. Le rapport qualité-prix au Portugal, c’est un bonheur constant.

Jour 5 : Arrivée en Algarve, Lagos et ses falaises

Depuis Évora, comptez environ 2h30 pour rejoindre Lagos, en Algarve. La route est simple, autoroute A2 puis IP1. Et quand on commence à voir la mer, le coeur accélère un peu.

Lagos m’a pris par surprise. Je m’attendais à une station balnéaire classique, j’ai trouvé une ville avec du caractère. Le centre historique est entouré de murailles médiévales du XIVe siècle. Les rues pavées sont bordées de restaurants, de bars, et de boutiques. L’ambiance est décontractée, presque bohème.

Vue aérienne des falaises dorées et des eaux turquoise de Lagos en Algarve au Portugal

Mais le vrai spectacle est à Ponta da Piedade, à 2 km au sud de la ville. Des falaises de calcaire sculptées par l’érosion, des arches naturelles, des grottes marines, et une eau tellement turquoise qu’on dirait un filtre Instagram. Sauf que c’est réel. L’accès est gratuit, il suffit de descendre les 182 marches jusqu’à la mer. Une excursion en bateau pour explorer les grottes coûte entre 20 et 30 euros pour 1h30.

La Praia do Camilo, juste à côté, est une petite crique coincée entre deux falaises. On y descend par un escalier en bois. L’eau est froide, même en été (autour de 18-20°C, l’Atlantique ne pardonne pas), mais la beauté du lieu compense largement.

Jour 6 : De Lagos à Sagres, le bout du monde

Une petite demi-heure de route sépare Lagos de Sagres, à la pointe sud-ouest du Portugal. C’est ici que le monde finissait, selon les navigateurs du XVe siècle. Henri le Navigateur y a installé son école de navigation, d’où sont partis les explorateurs qui ont changé la carte du monde.

La Fortaleza de Sagres, perchée sur un promontoire balayé par le vent, vaut le détour. L’entrée est à 3 euros. A l’intérieur, on trouve la Rosa dos Ventos, un cadran de 43 mètres de diamètre gravé dans la pierre, qui daterait du XVe siècle. Le vent est constant, la lumière presque aveuglante, et la vue sur l’océan donne le vertige.

Plage de sable doré bordée de falaises impressionnantes à Lagos au Portugal

A 6 km de là, le Cabo de São Vicente marque le point le plus au sud-ouest de l’Europe. Un phare, des falaises de 75 mètres, et rien d’autre que l’océan à perte de vue. Le coucher de soleil ici est une expérience. Les gens viennent de toute l’Algarve pour le voir. Arrivez une heure avant pour avoir une bonne place.

En revenant vers Lagos, j’ai fait un arrêt à la Praia do Beliche, une plage sauvage coincée au pied de falaises ocre. Peu de monde, des vagues correctes pour le surf, et ce sentiment d’être au bout de quelque chose.

Jour 7 : La côte de l’Algarve, Albufeira et Faro

Dernier jour, direction l’est de l’Algarve. Depuis Lagos, la N125 longe la côte sur environ 80 km jusqu’à Faro. J’ai fait plusieurs arrêts en chemin.

Premier stop : Carvoeiro, un ancien village de pêcheurs qui a gardé son charme. La plage est minuscule, coincée entre des falaises, et les maisons blanches descendent jusqu’à l’eau. A 10 minutes à pied, le site d’Algar Seco offre des formations rocheuses sculptées par la mer, avec des passages et des tunnels naturels. Gratuit et accessible.

Les falaises dorées de l Algarve au coucher du soleil avec vue sur l océan Atlantique

Deuxième stop : Albufeira. La ville est plus touristique, c’est vrai. Mais la vieille ville, perchée sur une falaise, garde un certain charme avec ses rues piétonnes et ses restaurants de poisson grillé. La Praia dos Pescadores (plage des pêcheurs) est en plein centre. J’y ai mangé une cataplana de fruits de mer pour 18 euros, un plat typique de l’Algarve cuit dans une marmite en cuivre.

Dernier stop : Faro, la capitale de l’Algarve. La Cidade Velha (vieille ville) est entourée de murailles médiévales. On y entre par l’Arco da Vila, un arc du XIXe siècle. A l’intérieur, la cathédrale Sé de Faro date du XIIIe siècle, et son clocher offre une vue sur les marais salants et les îles de la Ria Formosa.

La Ria Formosa, d’ailleurs, c’est le trésor caché de l’Algarve. Un parc naturel de 18 000 hectares qui s’étend sur 60 km de côte. Des lagunes, des marais, des îles-barrières avec des plages désertes. On peut prendre un ferry depuis Faro pour l’Ilha Deserta (5 euros l’aller-retour), une île sans voitures ni constructions. Juste du sable blanc et le bruit des vagues.

Infos pratiques pour ton road trip au Portugal

Budget : comptez environ 70 à 100 euros par jour pour deux personnes (hébergement, voiture, repas, activités). Le Portugal reste l’un des pays les plus abordables d’Europe de l’Ouest.

Location de voiture : entre 25 et 40 euros par jour selon la saison. Réservez à l’avance sur des comparateurs comme DiscoverCars ou RentalCars. L’essence coûte environ 1,70 euro le litre. Les autoroutes sont à péage (comptez 20 à 25 euros de péage pour Lisbonne-Algarve).

Meilleure période : avril à juin et septembre à octobre. L’été (juillet-août) est chaud (35°C+ en Algarve) et les prix grimpent. Le printemps offre des températures idéales (20-25°C) et moins de monde.

Hébergement : les options ne manquent pas. Des auberges de jeunesse à 20 euros la nuit aux hôtels de charme à 80-120 euros. J’ai alterné entre Airbnb et petits hôtels familiaux. En Algarve, les guesthouses avec terrasse et vue mer tournent autour de 60 à 90 euros la nuit.

Conduite : on roule à droite, les routes sont en bon état. Attention aux ronds-points (il y en a partout) et aux zones de péage automatique. Si vous louez une voiture, vérifiez que le dispositif de télépéage (Via Verde) est inclus.

Ce road trip, c’est sept jours qui passent trop vite. Le genre de voyage où on se dit « je reviendrai » avant même d’être parti. Le Portugal a cette capacité rare de te faire sentir chez toi, même quand tu ne comprends pas un mot de ce que raconte le vieux monsieur au comptoir du café. Et c’est peut-être ça, le vrai luxe du voyage.